Notre adresse encore à Montpellier. Pourtant déjà, nous sommes un peu là-bas, parmi les rues étroites et l'eau des fontaines. On commence à regarder tout ce qu'il faudra déménager. Piles de livres, frigo végétarien, et cahier de notes d'un collège de la Paillade.
On fait le choix de tout ce qu'on abandonne ici. La collection des San Antanio. Le vieux sommier grinçant qui nous servait de lit. Et la baguette hors de prix à la boulangerie d'Aiguelongue.
Et puis ce qu'on a mis déjà dans les cartons, pour être sûr de ne pas les perdre. Un vieil appareil photo argentique. La recette des langoustes de Mamie Germaine. Les disques, enveloppés de cellophane, de Django Reinhardt.
Thomas veut qu'on emporte aussi le vieux toboggan en bois du parc de l'Aiguelongue.
Reste une remorque entière qui, on l'espère, parviendra à nous suivre. Avec le bruit des bouteilles de vin qui s'ouvrent à la table des copains. Les promenades près des bateaux. Et puis cet ordinateur plus ancien qu'une machine à écrire où sont tapés tous mes textes.
J'ai vu Anne hier glisser des tracts sur la condition animale sous la pile des disques de Django. Elle n'a rien osé dire sur les San Antonio que j'y avais planqués.