J'étais content car j'en avais corrigé trente-cinq. Cela m'avait pris plusieurs heures. Mais j'avais finalement épuisé la haute pile de feuilles. Et voilà qu'il m'en est arrivé soixante-dix de plus. Elles forment un tas régulier sur la table basse, un tas bien plus haut que celui d'hier. Avec toute sorte d'écritures, de tentatives, de reculs, avec des erreurs et de la modestie, avec aussi quelques règles récitées, des identités, des doutes. Chacun pour me donner le message de sa bonne volonté. De ces heures passées sur des cahiers, un livre, des pages couvertes d'équations ou de pourcentages. Alors ce soir, c'est leur revanche. J'avais donné six pages à apprendre. Il m'en ont confié plusieurs centaines à déchiffrer. Anne est près de moi, avec son ventre, un thé, et des petits cahiers sur lesquels elle aussi fait des marques rouges. Je vais tâcher de m'approcher, et de lui proposer contre cinq cahiers de CE2, ma pile entière de copies de première.