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L'amicale du lycée a proposé ce midi un grand apéritif dînatoire. Vin blanc et pâtés en croûte, tomates microscopiques, fromages et pain de campagne.

Il était là, dans toute sa largeur. Avec son cou comme une flaque au-dessus d'une paire d'épaules presque posées sur un ventre gigantesque. Et sa voix d'ancien colon, Indochine et Afrique, qui méprise tout ce qui est trop pigmenté. D'ordinaire je tourne le dos. Mais là, il avait élu position tout près d'un plat de rillettes. Ce qui faisait beaucoup trop de désordre pour un moment de convivialité. Du coup, moi qui depuis des semaines ne lui avais pas adressé la parole, je me suis dirigé d'un pas déterminé vers lui et, bousculant son coude, ou ventre ou épaule je ne sais, je lui ai dit que deux élèves le demandaient près de la montée d'escaliers, que cela semblait urgent. J'ai fermé tout ce que mon corps acceptait de fermer pour ne pas entendre son commentaire avant de le voir s'ébrouer et partir enfin en direction du couloir. J'en profitai pour saler son verre, poivrer son assiette, et emporter avec moi le plat de rillettes vers une autre extrémité de la pièce, déterminé à savourer toute l'ampleur de mon courage et une tartine largement méritée. 

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