On regarde passer une colonie d'escargots. Ils avancent en longue procession, caravane au sérail d'un printemps humide, gravissant une à une les dunes faites dans le gravier par la course des enfants. Partis d'un point d'eau à l'aplomb de la chambre sud, ils longent la longue terrasse et le massif de lauriers. Et c'est une herbe grasse qui les attend derrière ce rideau de pluie fine qui ne cesse de descendre sur notre jardin. Le front au carreau, nous dénombrons l'équipage, admirons le sens aigu de l'orientation du chef de file qui imprime son pas, pour peu que le terme porte encore une signification en pareille circonstance, à la colonne entière, aux espoirs de feuilles vertes et de tapis de mousse comme ils usent leurs ultimes forces sur le gravier accidenté de reflets gris et rose. Dernier jour d'un mois de vacances. Et la question sournoise qui m'interroge sur le fait de savoir si je serai demain en mesure de reprendre le rythme...