J'ai abandonné mon pinceau.
Anne du coup a sorti une valise. Trois semaines de vacances. Nous cinq. Dorian minuscule. Elle dit : "Il ne faut rien oublier !" Je suggère de passer les vacances ici. Mais elle dit non non non, allez, on s'y met. Et on n'a plus arrêté, les petits pyjamas, le sac isotherme pour le biberon d'eau, les maillots des grands, les draps, Mathilde qui appelle "Papa, tu as pris mes lunettes de piscine", la crème solaire, les cahiers de vacances, une histoire pour le soir, un dentifrice, Thomas qui réclame "Papa, on peut prendre la boite de playmobils", le chargeur du téléphone, celui de l'appareil photo, les crayons de couleur, des vêtements, des shorts, des culottes, du paracétamol, le pot, des couches, la vitamine de bébé, un transat de bébé. Non pas le transat ! Si le transat si... les serviettes pour la piscine, un peu de lecture, une douillette, des gilets, la cravate de Thomas. Bon. On a tout étalé sur le lit. Et puis on a regardé la valise. "Allez !", elle a dit, "Il faut que ça rentre !"