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Comme s'il avait fallu composer deux équipes. Une maman porte d'une main une valise qui contient deux chandails et un petit pyjama bleu. De l'autre, elle tient un petit garçon qui trottine le long du quai vers la porte de la voiture numéro sept. Parmi toutes les autres personnes qui descendent la marche pour parvenir à l'intérieur du train, ils disparaissent à la vue un moment, où l'on contiue de regarder la porte automatique grande ouverte et le défilé des valises sombres et des sacs en bandoulière. Ils réapparaissent soudain un peu plus loin, un peu plus haut, dans la vitre en reflet du premier étage de leur wagon. Ils font de grands signes auxquels on tâche de répondre, Dorian sans trop comprendre ce que son père fait qui lui agite le bras, ne voyant rien sinon le haut toit de métal en forme de vague grise qui couvre la gare. On entend le sifflet retentir deux ou trois fois. Derrière la vitre, on devine à peine leur silhouette. On pourrait même songer qu'ils sont déjà partis s'il n'était ces deux mains qui s'agitent encore. Et puis lentement le train démarre, et les éloigne, dans un silence dont on sait qu'il n'est que le début. On se tourne pour le suivre des yeux et ce ne sont bientôt plus que deux yeux rouges qui rétrécissent pour s'évanouir dans la brume du matin. Les trains qui partent ne font jamais de bruit.

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