Ils sont nombreux à témoigner leur affection le vendredi 7 mars. Des messages de grande sympathie, pour me souhaiter un très bon anniversaire, appels téléphoniques, croissants du matin, bisous de mes lutins, dessins, colis avec des pages de Thomas Bernhard, cartes colorées avec de jolis lapins... De temps en temps, on me glisse que quarante ans, tout de même, c'est un cap, qui fait glisser peut-être du mauvais côté...
Bon.
J'apprécie chaque attention. Je goûte cette pluie amicale. Même l'Education Nationale m'a donné ma journée.
Le matin du 8 mars, un médecin est dans la chambre du malade. Il tourne autour de moi. Dit qu'il faut faire un électrocardiogramme, que c'est important, que c'est obligatoire même au regard de ce que j'ai, obligatoire passé la quarantaine, que c'est médico-légal, il répète cela plusieurs fois, médico-légal, médico-légal... Je tourne le mot dans ma tête comme il me branche tout un tas d'électrodes. Cela me fait penser à "médecin légiste". Cela me fait penser aussi que, la quarantaine, c'est vrai, vraiment cela change quelque chose.