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Il est un voile de pudeur, brume pâle du matin qui s'étire au flanc de la roche, parmi les premiers bourgeons et les fleurs qui éclosent, la flèche grise du clocher et les tuiles vernissées, où tout s'embrasse d'une même onde fraîche humide et blanche, papier de soie de livre ancien qui en protège la couverture, et que l'on ouvre comme il se dissipe, laissant paraître toute la palette des verts de printemps, les pierres mouillées que frôlent de vieux réverbères, un marcheur qui pousse sa canne et les bonds joyeux d'un jeune chien. C'est le moment où les parents posent une main sur la pile de livres emportés, où les enfants courent saluer un mouton, puis deux, et cherchent à travers le pré de quoi faire un bouquet des champs, pâquerettes et coucous et, s'il est beaucoup de chance, les brins de clochette en muguet. Le plus petit hasarde quelques pas sur le gravier. Et le soleil tiède éclaire les blonds frisottis qui s'émerveillent d'une feuille séchée et d'un caillou rond. Tout cela bercé par les sourires de ceux qui nous sont chers, parmi les heures lentes de nos belles journées, et les chevauchées fantastiques de nos cavaliers intrépides. La Bourgogne de saison en année ne perd rien de tout ce qui nous y fait revenir. Comme s'épuise trop tôt le sablier qui permet d'y rester.

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