On a vu le soleil qui encore s'étirait de s'être levé si tôt. On a vu des lapins qui couraient du chemin vers les buissons. On en a vu d'autres qui faisaient l'inverse. On a vu des perdreaux s'envoler. Un petit sentier entre les pins et les chênes de Provence. On a vu une jolie descente. On a vu Thomas prendre une belle gamelle. On l'a vu se lever et se remettre en selle. On a vu un petit nuage qui faisait coucou. On a vu la grande montée de la colline de l'Arbois, le champ de céréales, et des lapins encore qui toujours dans un sens ou un autre s'éloignaient en courant. Un petit écureuil tout roux au détour d'un chemin. On a vu Mathilde sur son beau vélo blanc. Celui de Thomas était jaune. Et moi sans vélo qui courait à côté. On a vu le ciel qui se rapprochait juste au-dessus du grand pylone, le sommet de notre colline, la promesse d'un peu de plat, et d'une douce descente vers le rond-point de l'école. On a vu Anne et Dorian, tout l'équipage de notre aventure arrivé en voiture. Les grilles encore fermées et les premières familles qui attendent. On a vu, comme ils ont vu, nos sourires et nos yeux, notre grand bonheur d'être là, de se taper dans les mains, de descendre des bicyclettes pour un trajet qu'on n'oubliera pas. Lorsque s'ouvrent les grilles de l'école, il est deux champions du matin, deux petits héros de Calas, pour venir les franchir.