Une tablette numérique sur les genoux, un baladeur mp3 branché dans une oreille et un téléphone mobile accroché à l'autre, il regarde la scène d'un spectacle de danse. Je regarde comme lui les interprètes qui s'envolent en acrobaties autour d'une musique electro, crête punk et vêtements fluo. Ambiance tecktonik et mouvement de bras désarticulés. Soudain, tous les corps se figent. Et vient jusqu'à nous, presque inaudible, l'harmonie d'un piano. Tout semble suspendu à ces notes claires. Lorsqu'il se tourne vers moi, tapant avec fureur sur l'écran, l'air effaré : "Je n'arrive pas à monter le son !"
Sous la porte de la chambre, un rai de lumière me porte le bruit de la page que tu viens de tourner. Je soupçonne que, dans mon propre lit et sous mon propre toit, tu, quelle infamie, oses lire un autre que moi !