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Ce sont toujours les mêmes vitres qui s'alignent le long des quais, les mêmes saluts de la main que l'on fait en comptant les secondes, encore le même sifflet, strident, d'un type à casquette et chemise blanche. Thomas est perché sur mes épaules, sans bien comprendre pourquoi maman est dans le train et nous dehors. On ne veut voir que son sourire, et il est encore cette phrase que l'on tente vainement, au tout dernier moment, de deviner sur ses lèvres. Puis le quai lentement s'envoie en arrière, et l'on regarde la wagon s'éloigner. Il reste l'ombre d'une main qui s'agite à la vitre. Mais elle n'est bientôt plus qu'un reflet aux contours de la gare. Quelques instants encore jusqu'à la dernière voiture. Puis bientôt plus rien. Sinon ces rails vides qui, tout au bout de la voie, tournent un peu vers la gauche. Thomas a attrapé la main que j'avais laissée suspendue et la serre contre lui. C'est le moment que choisit, dans un immense fracas, un train de marchandises pour entrer en gare. Mais il ne parvient à couvrir tout à fait ce nouveau silence qui résonne.

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