C'est ce moment ténu où le ciel est clair sans que le soleil soit encore levé. L'ombre sèche d'une résidence à portail électrique descend lentement derrière moi avec les petites morsures d'un froid d'avril. L'allée minuscule clôturée par deux rangées de laurier et de buis reste silencieuse. Et vide. Le temps s'écoule ainsi avec, en intervalles saccadés, le passage bruyant d'une voiture au bitume. Quand survient un éclat par dessus le toit. Premiers rayons sans chaleur. D'une lumière qui me fait baisser les yeux vers l'allée où je découvre deux jolies tresses qui, entre buis et laurier, sautillent vers moi.
Je n'aurais pas dû lui demander ce qu'il pense de mon candidat. Avec une prolixité qui me semble à la fois intelligente et inextinguible, il me fait définitivement comprendre combien je suis sot.
- Des piles de livres servent à soutenir son sommier.
- Il livre des piles et sous-vêtements à damiers.