Il n'a pourtant rien d'un bolide, avec ses quatre roues gigantesques, son moteur bruyant et sa cabine vitrée, peu confortable, vers laquelle se tourne un tuyau d'échappement. Thomas pourtant ne sait rien trouver de mieux pour envisager un voyage, celui qui nous conduit ensemble, blottis au creux de l'histoire du soir, vers le portail de la grande ferme, le hangar et ses montagnes de grain, et la vaste plaine des blés balancés par le vent. Moins haut qu'un épi, il grimpe sur mes épaules pour deviner au loin la moissonneuse, et reconnaître dans une sourire de grand bonheur le parcours chahuté de notre rêvé, vénéré, tracteur rouge.