Thomas cueillant des bouquets de pâquerettes, Dorian endormi au sein de sa mère, moi buvant un thé brûlant à l'ombre de la terrasse, les lézards n'ont jamais été si proprement installés depuis leur arrivée à Aix en Provence. Et c'est toute une description bucolique que je pourrais reprendre, avec la lumière chaude d'un début d'après-midi, le ballet des abeilles autour de fleurs en étoiles et une manière de brise tiède et molle qui balaie le feuillage roux sous lequel j'ai installé un petit banc de bois. Éteignant les signes électroniques de mon ordinateur, je m'en vais chercher mon cahier à lignes et l'encre bleue de ma plume, abandonnant dans ce retour à la nature toute la complexité bruyante et plastifiée de la modernité, abandon qui au moment où je tourne le bouton ne durera pas au delà je le sais du réveil de mon amour depuis le grand canapé pour me demander s'il te plaît de passer l'aspirateur au salon.