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Il en était deux cent cinquante-sept. Deux cent cinquante-sept pages de pur et vrai danois. 

Devant elles, une belle jeune femme, assise près d'une fenêtre à hauts sapins et parquet scandinave. Elle est avec une tasse de thé refroidi, des doigts qui pianotent, un dictionnaire rouge pour ne manquer aucune subtilité, une pince à linge verte pour ne pas perdre la page. Et puis des heures. Des heures en valises pleines. Des heures pendant la sieste des enfants. Des heures de matin. Des heures d'après-midi. Quelques heures de nuit. Matériau qu'elle égrène et qui se transforme en mots, en mots pour nous, qui bientôt pourrons lire Anders Bodelsen, d'un passage de la Baltique vers nos terres familières, mots étrangers transmutés pour nos papilles, nos fauteuils d'hiver, nos lits d'insomnies.

Elle a fait cela pour nous.

Ce matin, elle passe de la cuisine au séjour, sans se rendre compte vraiment encore que ce travail est fini. Qu'elle va devoir habiller d'une autre manière l'essentiel de son temps.

Je lui prépare un thé. Peut-être celui-ci pensera-t-elle à le boire. Elle est toujours aussi belle, marche sur les planches claires du parquet scandinave, et regarde la petite pince à linge verte qui dépasse du livre. Page deux cent cinquante-sept.

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