Lorsque le réveil a sonné ce matin, j'ai pensé qu'il annonçait une nouvelle journée de ripailles et de repos. Mais Anne très vite a dit qu'il fallait habiller le plus petit, et le moyen, et la grande, préparer les bols, mettre les cartables dans l'entrée, les manteaux, les écharpes, les bonnets, qu'il ne fallait pas trainer au lit, que le travail reprenait.
J'ai songé alors que j'avais un travail. Mais lequel ?
Anne a parlé de mathématiques. J'ai récité mes tables de multiplication, constatant avec bonheur que je les connaissais toutes. Puis elle a parlé de lycée. J'ai essayé de calculer la dérivée d'une fonction homograhique. Cela aussi, je savais le faire. Elle a dit que c'était comme la bicyclette.
Du coup, en arrivant dans ma salle de classe, j'ai dit moi aussi à mes élèves : "C'est comme la bicyclette, vous ne pouvez pas avoir oublié !" Et je leur ai donné un devoir, mi-tables-de-multiplications, mi-dérivées-de-fonctions-homographiques. Pendant qu'ils composaient, j'ai pris un café. Et un chocolat.