Des copies, des copies, toujours des copies. Il en est des paquets plein ma musette, elle ne désemplit pas. De fait, plus le temps d'écrire, à peine de lire.
Je songe sérieusement désormais à interroger mes élèves à l'oral.
Le temps tout de même d'aller au théâtre. Anna la semaine dernière avec les élèves. Le Dragon d'Or hier soir, tout seul.
Les jeunes découvrent la musique de Gainsbourg tandis que les profs se perdent dans la tunique blanche de Cécile de France. Paris défile entre les sixties et les soirées coke-art. Tomber sur l'amoureux d'une image, parmi des ombres molles qui obéissent au doigt et à l'oeil. Des lumières psychédéliques, des chemins qui s'approchent, s'éloignent, pour ne laisser finalement que la belle envahie par la nuit et le noceur nu dans sa propre voix.
Le jeune comis d'un restaurant vietnamien, Le Dragon d'Or, souffre atrocément d'une dent. Pendant ce temps la fourmi accueille la cigale. Contre rétribution. A la table près de la fenêtre, deux hôtesses de l'air passent commande. L'une d'elle choisit une soupe Thaï. L'opération chirurgicale a lieu à l'aide d'une pince multiprise rouge au sein même de la cuisine. La dent est extraite, s'envole, et plonge dans un bol de soupe Thaï. La cigale trouve que l'hiver n'en finit pas. Mais n'ose s'aventurer dehors. La fourmi lui fait peur. Il n'est plus question que de sang versé.