Il est certains matins où, lorsqu'on s'éveille, on sent bien qu'il serait préférable de rester au lit, que ce nez qui coule à flot, cette tête aux accents de ballon de rugby, cet épuisement dès les premiers instants du matin, tout cela fait qu'il va être bien difficile de faire face aux cent cinq élèves de la journée, aux démonstrations sur les sommes de suites arithmétiques, aux extremums et variations de fonctions, aux collègues bavards qui voudront faire la conversation...
On se lève pourtant. Et mettant la sacoche en bandoulière, on sait bien que l'empathie des jeunes de seize ans, sur laquelle on va devoir compter tout le jour, sera aussi sincère sur le moment qu'évaporée l'instant suivant.