A la course aujourd'hui, j'ai retrouvé les lapins. Vingt-et-un exactement qui couraient parmi les buis et la lumière de fin de journée. J'étais à la fois heureux et inquiet ; deux semaines encore de coups de feu à tenir sur la colline, deux semaines de rangers et de vestes militaires, deux semaines de mise en joue et de visée des chasseurs.
La pluie a creusé des rigoles sur le sentier, et un mince filet d'eau s'écoule le long de la descente qui accompagne ma course, chariant avec lui le plastique des douilles abandonnées.
A voir le tas qui s'amoncelle, me vient l'espoir que, comme pour la cartouche d'encre qui devait passer tout l'hiver et qui n'imprime plus rien, les chasseurs se trouvent, sinon remplis d'une humanité toute neuve, du moins à court de munitions.