Il devait suivre des méandres, traverser toute une partie du pays, aligner des kilomètres par centaines. Sa vie se rythmait en postes à essence aux bitume et bandes blanches qui défilent. Puis vint le dernier trajet. Les sociétés routières et pétrolières le remercièrent pour sa longue fidélité, on mit des fleurs sur les glissières, et il y eut quelqu'un pour rendre hommage aux nombreux véhicules qui lui permirent ses périples. Même un dernier bouchon commémoratif se forma à une entrée de péage qu'il traversa en souriant.
Lorsqu'il arriva, il prit tout contre lui une fillette et un garçonnet aux cheveux blonds, et il les embrassa.