Entre un marronnier et un charme, les pavés recouvrent la place de l'église haute jusqu'aux marches du musée Granet. Comme les autres, nous sommes assis par terre sous un vent tiède et une lumière de fin d'après-midi. Au devant, les accords de jazz montent d'un piano ou d'un saxophone. Thomas regarde les mains du batteur et le ventre énorme de la contrebasse. Tonalités suaves et mouvements d'épaules, on écoute le son chalouper entre le souvenir d'une collection de peinture contemporaine et l'hésitation d'une petite fille, saxo ou flûte traversière. Les applaudissements conduisent nos pas vers une autre place, celle favorite, doux bruit de l'eau et lourde porte de l'archevêché. Pour une autre musique. Mozart, puis Vivaldi au devant des façades, basson et hautbois, et la robe noire de dentelle, notes perchées de la flûte sur un dernier rayon.
En se couchant, Thomas et Mathilde m'ont dit chacun qu'ils allaient rêver de musique. Et je vais les rejoindre, juste dans l'ombre tiède d'un marronnier et d'un charme.