Il regardait tout avec des phrases à prendre au second degré. Comme perché au deuxième étage. Appuyé au balcon bien au-dessus de la rue. Il voyait les crânes dégarnis et les ombres derrière les corps. S'amusait de ceux qui trébuchaient -toujours au même endroit - le long du massif qui bordait le trottoir. Jouait de ceux qui, impatients, piétinaient sur place en attendant de pouvoir traverser la chaussée. Il laissait tomber la cendre de ses cigarettes, se trouvait formidablement haut, s'adossait au bois des persiennes. Il ne descendait jamais. Ne recevait jamais rien en pleine face. N'avait aucun espoir. Muettement satisfait de l'endroit où il était, amoureux de lui-même et de son perchoir.