Passant mes journées accroché à un pinceau, je peins par mètres carrés entiers ce qui bientôt sera notre chambre. Plafond en pente douce, murs de tous les côtés, longues poutres lasurées, je blanchis, je coquille d'oeuf, je satine. Puis, venant pour une pause qu'Anne me dit méritée, je bois un verre de jus de fruit et allume l'ordinateur pour y écrire une phrase ou deux. Je constate à cet instant que chaque touche appuyée garde la mémoire de la peinture fraîche que j'ai sur les doigts. Je ne mentionne pas ici les lettres du clavier qui sont encore vierges par crainte bientôt de ne plus en avoir aucune.