La méchanceté et la bêtise sont parfaitement compatibles, l'une même nourrissant l'autre et la réciproque n'en étant pas moins vraie. La chose est somme toute banale, presque quotidienne. Certains pourtant - est-ce un désir de médaille, un rêve de podium en granit rose, celui d'une tresse de lianes et de lauriers - certains donc tâchent de faire de ces aptitudes de véritables disciplines olympiques. Ils puisent dans leurs propres ressources, renoncent avec détermination à l'ombre du moindre scrupule, affinent leur technique en vue d'un sadisme toujours plus efficace, et finissent par disparaître entièrement dans leur marécage. Ils s'entraînent nuits et jours. Prennent le premier qui passe comme pigeon de ball-trap. Et tirent toujours sans sommation. A voir la surenchère d'efforts dont ils font preuve, on comprend que c'est un concours âpre, en course de championnat du monde, à vouloir être le premier, toutes catégories confondues. Sont-ils dopés ? Au regard de leur niveau, la question plusieurs fois s'est posée. Ne s'épuisent-ils pas ? Il semble que non. Jusqu'où iront-ils ? Aussi profond dans leur vase gluante qu'il est possible d'aller. Il suffit heureusement d'un rire de carambar et de deux tresses blondes qui courent au jardin pour verser un seau d'eau géant, rafraichissant, et gai, sur leur brasier olympique.