Ce matin j'ai voulu dessiner une boite aux lettres sur son ventre rond. Avoir pour première maison le ventre d'Anne, ne pas la quitter, être bercé par elle à chacun de ses mouvements, il ne peut y avoir plus beau départ dans la vie. Mais Anne m'a dit...
Lire la suiteA imaginer la Terre tourner comme une grande pelote sur la place d'automne, avec les feuilles qui s'accrochent à elle, le vent léger qui la pousse, et les figures, les ombres, qui se dessinent à sa surface pour dire les joies, le manque, souvenirs de...
Lire la suite- Les journées sont de plus en plus courtes... - Ne m'en parle pas ! Je n'en dors plus ! Il faut parvenir à se dire que si réellement c'est l'indignation qui fait les vers, il reste encore les jambes nues et le teint rose pour la prose. Écrire la nuit...
Lire la suiteSe sentir physiquement bien mieux et devoir attendre des résultats d'analyse, c'est un peu comme d'arriver en tête au scrutin avant le recomptage des voix. Cela permet de faire publiquement les louanges d'une médecine efficace tandis que l'intime reste...
Lire la suiteJ'étais cette après-midi dans la steppe. Assis dans une carriole chahutée par un vieux cheval gris. Kouzmitchov était là. Avec le Père Christophe. Ils n'ont rien de commun, et ne s'entendent pas, passant leur temps à s'envoyer des phrases mauvaises au...
Lire la suite- C'est encore lui. - Qui ça ? - Le typa là-bas avec son manteau sombre. - Eh bien ? - Il vient chaque matin devant cette boutique. - Et... - Il reste là quelques minutes. En général, il ne fait rien. - Comment ça rien ? - Rien. Il regarde les gens qui...
Lire la suiteLes tragédies à Gaza, en Syrie, en Afghanistan, en Corée, en Chine, au Mali se répondent sans que l'on sache quelle phrase y porter. Dans l'effort singulier de celui qui écrit. A moins de rappeler les mots de Camus. Solitaire. Mais solidaire. Mais solitaire....
Lire la suiteOn aura longtemps demandé au pianiste ce qu'il entendait lorsqu'il disait avec poésie que les touches noires et blanches devant lui faisaient un arc en ciel bien plus grand que celui de ses cahiers d'enfant. On comprit enfin lorsqu'il avoua vers la fin...
Lire la suiteÇ'aurait pu être un service de rééducation pour des sportifs surentraînés, garçons à la musculature parfaite, médailles d'or et champions du monde, photogéniques, distributeurs d'autographes. Au lieu de cela, mon médecin a choisi de me faire hospitaliser...
Lire la suiteIl est des moments où il faut reconnaître la supériorité - ou la faiblesse, c'est selon - du corps sur tout le reste, y compris sur l'ordonnancement des mots nécessaires à la compréhension. Bref, physiquement incapable d'écrire, je ferme.
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